Edinburgh Castle

Cinq faits et légendes autour du château d’Édimbourg

Situé au sommet d’une colline d’origine volcanique dans la ville d’Édimbourg, le château éponyme est l’un des plus beaux témoins de la richesse culturelle et architecturale d’Écosse. Ses murs, qui renferment plus de 2000 ans d’histoire, ont tout naturellement émulé l’imagination des habitants et des visiteurs, pour délivrer au fil des siècles une incroyable liste de fables et de légendes. Petit panorama des lieux avec FastPassTours.

Une histoire millénaire

Confortablement installé sur le Castle Rock, l’un des plus hauts sommets de la ville, le château d’Édimbourg aurait vu le jour – dans une forme très primaire – au premier siècle de notre ère. Les habitations de l’âge de fer ont laissé place, près de mille ans plus tard, à une forteresse royale occupée par le roi d’Écosse David Ier.

La bâtisse, véritable témoin de l’histoire, a plusieurs fois été prise pour cible dans les nombreux conflits opposants les couronnes d’Angleterre et d’Écosse. Elle est une première fois bombardée à la fin du XIIIe siècle, lors d’un siège des anglais, avant de voir ses défenses détruites par les écossais lors de la reprise de la ville. Quelques décennies plus tard, le roi Édouard III imite son prédécesseur et reprend le château aux mains des écossais. Ses hommes fortifient la colline avant de la perdre à nouveau lors d’un assaut mené en 1341 par William Douglas.

Le traité de Berwick, signé en 1357 entre les rois Édouard III d’Angleterre et David II d’Écosse met fin de manière officielle à la seconde guerre d’indépendance écossaise. Durant cette accalmie, le souverain local en profite pour reconstruire le château et l’utiliser comme dépôt d’armes, sa résidence principale étant désormais le Palais de Holyrood situé à quelques kilomètres de là.

Au XVIe siècle, le château fut sévèrement endommagé à la suite d’un conflit opposant une nouvelle fois les deux royaumes rivaux. La forme actuelle de l’édifice correspond ainsi aux travaux de rénovation entrepris à l’issue de ce siège sanglant. Des modifications furent ensuite apportées au fil des siècles, à l’image des bastions Nord et Ouest, ainsi que plusieurs cellules pour enfermer les prisonniers de guerre.

Fantômes et enquêtes

Traversé par de nombreux conflits, le château d’Édimbourg obtient rapidement la réputation d’être la demeure de moult fantômes, à l’image de ceux de la famille Douglas de Glamis. Accusée à tort de sorcellerie, Lady Janet Douglas fut par exemple condamnée à mourir par le feu sur l’esplanade de la forteresse. L’aboutissement d’une revanche personnelle entrepris par le roi Jacques V, enfermé plusieurs années avant son accession au trône sur ordre d’Archibald Douglas, le frère de Janet. Son courroux s’est ainsi abattu sur plusieurs membres de la famille, et les actions juridiques et autres procès ont rapidement laissé place aux emprisonnements, exécutions et actes de torture.

Les fantômes des victimes erreraient aujourd’hui dans les nombreuses pièces du château. Lady Janet, elle, est connue pour hanter la demeure familiale des Douglas, au nord de l’écosse. Le spectre aurait pour habitude de s’agenouiller devant la chapelle, une chaise lui étant d’ailleurs toujours attribuée.

La forteresse est également le théâtre de la plus grande enquête paranormale de tous les temps. Cette dernière a réuni, en 2001, près de 200 personnes, dont neuf chercheurs. Le principe était simple : explorer les pièces du château sans toutefois révéler aux volontaires les endroits réputés pour être hantés. A l’issue du test grandeur nature, il s’avère que 51 % des participants ont vécu des expériences paranormales dans les zones dîtes « sensibles » contre 35 % dans les pièces sans histoire particulière. La manifestation de ces événements se traduit généralement par une baisse soudaine de la température ou encore l’impression d’être retenu par ses vêtements. Le château d’Édimbourg, et la ville écossaise d’une manière plus générale, sont aujourd’hui connus pour être un haut lieu du tourisme macabre, attirant chaque année de nombreux visiteurs désireux d’en apprendre plus sur les comtes et autres légendes obscures de la cité.

La Pierre du Destin

Située dans la salle de couronnement du château d’Édimbourg (Crown Room), la Pierre du Destin est un bloc de gré extrêmement important dans la tradition écossaise.

Son histoire remonterait aux temps bibliques. On dit que Jacob lui-même s’en serait servi comme oreiller. Les rois écossais auraient ensuite mis la main dessus pour s’en servir comme pierre de couronnement. Dans le cadre de la cérémonie, les futurs rois devaient monter sur le petit monolithe pour prêter serment. L’artefact était alors conservé à l’abbaye de Scone, près de la ville de Perth. Selon la tradition, aucun roi ne pouvait régner sur l’Écosse sans être assis sur la Pierre du Destin, de même que le Royaume ne pouvait appartenir qu’aux écossais tant que la pierre était sur leurs terres.

L’ « Oreiller de Jacob » fut toutefois subtilisé par les anglais suite à la victoire en 1296 d’Édouard Ier sur les troupes du roi d’Écosse John Balliol. La Pierre fut ensuite emportée à l’Abbaye de Westminster, placée symboliquement sous la King Edward’s Chair, le trône des suzerains. Un geste symbolique sensé affirmer la domination de la Couronne d’Angleterre sur le peuple écossais. Une légende dit toutefois que des moines de l’Abbaye de Scone auraient caché la Pierre originale dans la rivière Tay avant de confier une « fausse » pierre aux troupes de l’envahisseur. Si c’est le cas, l’originale a été extrêmement bien dissimulée car elle n’a jamais été retrouvée.

Stone of Destiny

En 1950, des étudiants écossais réussissent à extraire l’objet de légende du trône de Westminster. Dans la confusion, la Pierre du Destin se brise en deux morceaux. Après moult péripéties, le petit groupe parvient toutefois à rallier l’Écosse et à confier le monolithe à un politicien important de Glasgow. Quelques mois plus tard, pensant que le gouvernement britannique ne la réclamerait pas, les écossais décident de la placer sur l’autel de l’abbaye d’Arbroath, un lieu symbolique où fut signée la déclaration d’indépendance de l’Écosse en 1320. Un mauvais calcul de leur part, puisque la pierre sera discrètement rapatriée à Westminster par la police anglaise, dégradant un peu plus les relations entre les deux pays.

Il faudra attendre 1996 pour que les anglais rendent la Pierre du Destin aux Écossais et que cette dernière rallie sa demeure actuelle, le château d’Édimbourg.

Une source d’inspiration pour les auteurs de la pop culture

Les rues étroites d’Édimbourg, son architecture, ses pubs et bien sûr son magnifique château ont très largement inspiré de nombreux auteurs classiques et récents. C’est le cas par exemple de J.K Rowling, la créatrice de la saga Harry Potter, qui a d’ailleurs élu domicile dans cette ville.

Elephant House

Si la magnifique forteresse n’est pas au coeur de la littérature de l’écrivaine anglaise, sa stature a sans aucun doute eu un rôle à jouer dans l’ambiance si particulière de la série. Il est notamment possible de l’apercevoir depuis les fenêtres de « The Elephant Pub », un café-restaurant ou J.K Rowling avait l’habitude de venir écrire. Cet établissement, dont la vitrine affiche modestement l’inscription « The birthplace of Harry Potter » (« Le lieu de naissance de Harry Potter »), est aujourd’hui l’un des lieux les plus prisés des fans de la saga. D’autres sites de la ville écossaise ont inspiré l’auteure, à l’image des petites échoppes de Victoria Street, rappelant le Chemin de Traverse, ou encore les pierres tombales du cimetière de Greyfiars. Le château de Poudlard, lui, a sans aucun doute été inspiré par plusieurs édifices moldus. La forteresse dont il est question dans cet article, bien entendu, mais aussi le Collège Heriot, dont la vie scolaire est organisée sous la forme de quatre maisons rivales ayant chacune un nom et un emblème.

Du côté de l’animation, l’artiste Sylvain Chomet, connu pour son excellent film « Les Triplettes de Belleville » est à l’origine de « L’illusionniste ». Cette œuvre qui se déroule dans l’Édimbourg des années 50 permet d’observer les lieux les plus emblématiques de la ville, à commencer par son château.

La ville a aussi influencé l’auteur George R.R. Martin, connu pour avoir écrit la saga du Trône de Fer. L’écrivain a puisé son inspiration dans les légendes locales, à commencer par celle du Dîner Noir. Au XVe siècle, une lutte d’influence se met en place pour obtenir le droit de régence sur le pays jusqu’à ce que le jeune roi, Jacques II, soit en âge de gouverner.

Une grande fête est organisée dans le château d’Édimbourg, réunissant de nombreux nobles écossais dont les fameux Douglas. Ces derniers attisent la jalousie des autres familles de par leur position et leur influence. Après leur avoir servi une tête de taureau noir, un symbole évoquant la mort, les clans Crichton, Livingstone et Buchan exécutent William et David Douglas. Jacques II, impuissant devant la scène, s’en sort toutefois indemne. Un destin heureusement moins funeste que Robb Stark, son pendant de Westeros.

Le garçon à la cornemuse

Il existe un autre spectre à Édimbourg, lié au château mais hantant les rues de la cité. Voilà plusieurs siècles, des gardes de la forteresse royale remarquent un accès au réseau souterrain de la ville. En raison de l’espace trop exigu, ils décident d’y envoyer un enfant muni d’une cornemuse afin de le suivre au son tout au long du parcours.

Le plan fonctionne à merveille sur les premières centaines de mètres, les deux gardes étant maintenant à l’extérieur du château dans les rues de la ville. Soudain, la musique s’arrête. Les soldats retournent à l’entrée du souterrain et tentent d’appeler l’enfant, en vain. Le lendemain, la lumière aidant, les gardes retrouvent la cornemuse. Toutefois, il ne subsiste aucune trace de l’enfant. Suite à cette histoire, l’entrée fut scellée afin que personne ne puisse s’égarer dans les souterrains.

Il est commun depuis lors d’entendre des airs de cornemuse dans les rues de la ville, et notamment au niveau de la Royal Mile, son artère principale. Une musique interrompue à chaque fois par un cri déchirant, émanant de cet enfant abandonné à son triste sort.