Alhambra

Dix faits et légendes sur l’Alhambra

1) L’origine de son nom fait débat

Si le nom de L’Alhambra, (de l’arabe « al-Qal’a Al-Hamrā » – la forteresse rouge) paraît suffisamment explicite, il existe toutefois un véritable débat autour de son origine.
Selon certains auteurs, le mur d’enceinte était jadis d’un blanc immaculé et non d’un rouge écarlate, et cela en raison d’un ravalement à la chaux régulier des principaux édifices. Le nom serait apparu suite aux travaux nocturnes, alors que la lueur des torches faisait danser des lueurs rougeâtres sur la façade de l’ensemble palatial.

L’autre théorie, plus amusante, fait référence à la barbe du fondateur de l’Alhambra, l’émir Mohammed ben Nasr. Ses poils roux, grâce auxquels il fut surnommé al-ahmar (le rouge), pourraient avoir influencé le nom de la cité ; L’Alhambra étant une version féminisée (et castillane) de son célèbre surnom.

2) A deux doigt d’être consacrée « nouvelle merveille du monde »

En 2007, un vote populaire a désigné les sept nouvelles merveilles du monde moderne. Le concours fait référence aux monuments antiques extraordinaires répertoriés par l’historien grec Hérodote au Ve siècle avant notre ère.

L’Alhambra a figuré dans la short-list des finalistes mais n’a malheureusement pas été sélectionnée. Un mal pour un bien, le concours étant aujourd’hui au cœur de nombreuses critiques à commencer par le truquage des votes dans certains pays et la non-reconnaissance des résultats par l’UNESCO.

3) Le Generalife, un paradis sur terre

Palais d’été des princes Nasrides, le Généralife est l’un des plus beaux édifices de Grenade. Ses magnifiques jardins semblent en dehors du temps, ou le murmure de l’eau répond à la beauté de l’architecture et aux parfums des différentes essences entretenues sur le site.

Le nom, qui vient de l’arabe Jannat-al-Arif, peut se traduire par le paradis de l’architecte. Une dénomination qui sied parfaitement au mode de pensée spirituel des aristocrates nasrides, basé sur la douceur de vivre. L’idée originelle était de recréer sur Terre un lieu semblable au paradis, l’image des cieux étant d’ailleurs intimement lié au concept de jardin dans dans la culture musulmane.

Il est possible de voir le Generalife dans la vidéo suivante :

4) Alhambra et fin du monde

Une légende entourant l’Alhambra concerne la porte de la Justice, l’une des entrées principales de la forteresse. L’arc extérieur est orné d’une main, sans doute celle de Fatma, un symbole représentant les cinq piliers de l’Islam et utilisé pour conjurer le mauvais œil.

De l’autre côté de la porte, il est possible d’observer une clé gravée au niveau de l’arc intérieur. Les Nasrides considéraient que la fin du monde adviendrait le jour ou la main et la clef ne feraient plus qu’un, c’est à dire à la destruction de cette forteresse pourtant réputée imprenable. Là est peut être la raison pour laquelle les catholiques, peu de temps après la reconquête, y ont érigé une statue de la Vierge.

5) Le toit de cristal

L’Alhambra a bien changé depuis sa création. Certaines réalisations n’ont pas résisté aux affres du temps, à l’image du palais de los Alijares et de plusieurs éléments décoratifs. C’est également le cas des magnifiques vitraux multicolores qui décoraient la plupart des fenêtres de l’ensemble palatial au XIVe siècle. D’après des écrits arabes datant de 1362, le Mexuar présentait également un toit entièrement fait de cristal, reflétant la lumière mystique du soleil andalou.

Une seule de ces fenêtres est parvenue jusqu’à nous. Elle se trouve au plafond du mirador de Lindaraja et permet de se rendre compte de toute la beauté de l’Alhambra d’antan.

6) Jardins et myrte commun

Common Myrtle in the gardens

Common Myrtle in the gardens

Si les jardins de l’Alhambra présentent un grand nombre de plantes différentes, la plus plus emblématique reste le Myrte commun, un petit arbuste pouvant vivre près de 300 ans. Aussi connu sous le nom d’arrayan (de l’arabe al-rayhan, « aromatique »), cette essence méditerranéenne embaume l’espace d’un parfum apaisant.

Ses petites fleurs blanches et sa grande souplesse confèrent à cette plante un certain esthétisme très apprécié des peuples d’Afrique du Nord et sud de l’Europe. Une infusion de ses feuilles permettrait en outre de soulager les maux d’estomac alors que ses petites baies accompagneraient très bien certaines viandes. Aujourd’hui encore, le petit arbuste a une place de choix au sein de la forteresse.

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7) le Soupir du Maure

Principal point de passage pour rallier Grenade depuis Motril, sur la côte méditerranéenne, le Soupir du Maure est un col s’élevant à 860 mètres d’altitude. C’est depuis ce modeste sommet que le souverain musulman de Grenade, Boabdil, aurait contemplé pour la dernière fois la ville qu’il chérissait tant. En 1492, le royaume de Grenade est en effet reconquis par les rois catholiques, marquant la fin de la présence islamique dans la péninsule ibérique.

Alors que la vision de la cité embrume ses yeux, sa mère Â’icha lui aurait dit : « Tu pleures comme une femme ce que tu n’as su défendre comme un homme ». Un tableau de l’artiste espagnol Francisco Pradilla retranscrit parfaitement toute la détresse et la nostalgie du suzerain, alors que son regard se pose pour la dernière fois sur le joyaux de l’Andalousie.

8) Le terrible passé de la Salle des Abencerrajes

Située en face de la Salle des Deux Sœurs, la Salle des Abencerrajes était l’ancienne chambre du Sultan. Un espace richement décoré d’azulejos, de colonnes peintes, d’arabesques et d’une fontaine.

La légende raconte qu’une famille de la noblesse locale, les Abencerrajes, se retrouva au cœur d’une conspiration fomentée par leurs rivaux politiques. Le souverain Boabdil, pensant que sa femme le trompait avec l’un des Abencerrajes, prit la décision de réunir trente-sept d’entre eux avant de les faire égorger. La couleur rougeâtre de la fontaine ne serait autre que le sang des victimes, témoin éternel de la violence de l’exécution.

9) La résidence de Washington Irving

Source d’inspiration inépuisable pour les artistes, l’Alhambra figure aujourd’hui dans de nombreux ouvrages, films et peintures. L’œuvre la plus célèbre est probablement l’essai « Tales of the Alhambra », écrit dans les années 1830 par l’auteur américain Washington Irving. Passionné par la culture espagnole, l’écrivain parvint grâce à sa notoriété à obtenir un accès aux palais de la forteresse. De son expérience à grenade naîtra un ouvrage emblématique, mélangeant légendes, anecdotes historiques et récit romanesque.

Une plaque commémorative a depuis été installée dans la chambre ou il séjournait afin d’honorer sa mémoire.

Tales of the Alhambra

Plaque Washington Irving

10) Le palais de Charles Quint, symbole de la reconquête

Sur la colline de l’Alhambra se trouve un imposant palais de style Renaissance. Construit sur ordre de l’empereur Charles Quint après la prise de Grenade, il symbolise la reconquête de la péninsule ibérique et la victoire des chrétiens sur les musulmans.

Le monument, qui adopte un style que l’on peut qualifier de maniériste, détonne du reste des édifices voisins et vient marquer une véritable rupture avec le style gothique, toujours très populaire au XVIe siècle. A l’image du château de Chambord en France, le Palais n’a quasiment pas été habité. Une coquille vide construite pour affirmer la puissance des rois d’Espagne et de leur pays nouvellement unifié.